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La création de contenu, sans jouer à l'influenceur.

Tu n'es pas là pour montrer ta vie. Tu es là pour exister, montrer ce que tu sais faire, et créer de la confiance. C'est un autre métier, avec d'autres règles.

Mis à jour le 27 juillet 2026 · Par Zaki Chairi · 10 min de lecture

Contenu authentique en 2026 : la stratégie d'un entrepreneur musulman à l’ère de l’IA

Cet article reprend et structure le propos de la vidéo. Voir sur YouTube (43:19).

La réponse directe

Tu crées du contenu pour exister.

Tu peux être le meilleur du monde dans ton domaine. Si personne ne te connaît, ça ne sert à rien.

C'est tout l'enjeu, et c'est pour ça que la création de contenu n'est plus une option. Aujourd'hui un artisan seul avec son téléphone peut jouer au même jeu qu'une société de 100 personnes, et parler des mêmes sujets qu'elle. C'est nouveau, et beaucoup ne l'ont pas encore pris.

Le contenu sert trois choses : te faire connaître, montrer ce que tu sais faire, et créer du lien. Le mot qui compte derrière les trois, c'est confiance. On est à l'époque de la confiance, parce qu'il y a eu trop de gens qui ont pris une caméra et raconté n'importe quoi. Sur le long terme, il ne restera que ceux qui sont crédibles.

Le premier piège

Tu n'es pas un influenceur.

C'est le blocage numéro un. Les gens ont l'impression qu'en publiant, ils vont jouer à l'influenceur. Et comme ça ne leur correspond pas, ils ne publient pas.

Il ne faut pas confondre les deux métiers. Un influenceur vit de son audience. Toi, tu as une activité, et le contenu vient l'alimenter. Tu n'es pas là pour montrer ta vie privée ni pour divertir les gens.

Le personal branding, ce n'est pas parler de toi. C'est utiliser ta personne et ton parcours pour éclairer le problème que tu règles chez les autres. Ce n'est pas montrer tes restaurants et tes vacances.

Il y a des gens avec beaucoup d'abonnés qui ne gagnent rien. Le positionnement n'est pas bon, les gens les regardent, c'est tout.

D'où la distinction à garder en tête. Des abonnés, ce sont des gens qui te suivent. Une audience, ce sont des gens qui te suivent pour ce que tu dis. Une communauté, c'est le stade au-dessus, et c'est beaucoup plus puissant.

Avant de publier

À qui tu t'adresses ?

C'est la condition qui précède tout le reste, et celle qu'on saute le plus souvent.

Tout le monde n'est pas ton client. Ça n'existe pas. Prends l'eau : c'est le produit le plus banal qui soit, et pourtant les marques ont réussi à se créer des marchés différents avec des publics différents. Si c'est possible dans l'eau, c'est possible chez toi.

Quand quelqu'un te dit « j'avais l'impression que tu étais dans ma tête », ce n'est pas de la magie. C'est simplement que tu ne t'adressais pas à tout le monde.

Ton offre, par contre, n'a pas besoin d'être parfaite au départ. Beaucoup l'affinent en publiant, parce que le contenu te renvoie du retour brut : ça prend ou ça ne prend pas. Et quand ça ne prend pas, ça ne veut pas dire que ton idée est mauvaise. Ça veut souvent dire autre chose.

Cas 01

L'offre est mal comprise

Le produit est bon, mais la façon dont tu en parles ne rend pas la valeur visible. Il faut retravailler la formulation, pas le produit.

Cas 02

Le marché n'est pas éduqué

Les gens ne comprennent pas encore pourquoi ça vaut le coup. Là, ton travail c'est d'expliquer avant de vendre.

Cas 03

Le public ou le canal est faux

Bonne offre, mauvaise cible. Ou bonne cible, mais sur une plateforme où elle n'est pas. Ça se corrige vite quand on l'identifie.

Les formats

Chacun sert une étape différente.

Le tunnel tient en trois mots : notoriété, considération, conversion. À chaque étage, ses formats.

ÉtapeFormat
NotoriétéTikTok, InstagramFormats courts, verticaux. C'est là qu'on te découvre.
ConsidérationYouTube, livesFormat long. Moins de monde, mais des gens bien plus qualifiés.
ConversionStories, publicité, descriptionAppels à l'action assumés, adressés à ceux qui te connaissent déjà.
Homme assis face à un smartphone sur trépied, en train de parler et d'expliquer avec les mains

Deux formats, deux usages. Le court fait découvrir, le long fait décider.

Les carrousels et les stories servent à engager ceux qui te suivent déjà, pas à te faire découvrir. Ne compte pas dessus pour ça.

Le format long est le plus sous-estimé de tous. Il fait moins de vues, mais quelqu'un qui t'écoute vingt minutes est déjà autrement plus intéressé que quelqu'un qui a vu une vidéo de trente secondes. Sur YouTube, ce qui change tout, c'est la durée de vie : une vidéo continue de travailler pour toi pendant des mois, et elle peut ressortir dans une recherche. Un post sur les réseaux courts dure vingt-quatre heures, parfois moins s'il n'a pas accroché tout de suite.

Ne néglige donc ni la miniature ni le titre. C'est ce qui décide si ton travail est vu.

Le vrai problème

Ce n'est pas ton hook, c'est ton volume.

Voilà le point que presque personne ne veut entendre.

Les gens se plaignent de ne pas avoir de résultats, et quand on regarde, ils n'ont pas publié assez. Deux posts par semaine ne te mèneront nulle part. Un post par jour, c'est le minimum, et c'est pour ça qu'on fait tourner un challenge d'un post par jour au Collectif.

Mur couvert de notes autocollantes alignées en grille dense, dans un espace de travail contemporain
Le travail qui compte ne se voit pas sur une vidéo. Il se voit sur le mur.

L'exemple le plus parlant, c'est le mien. Un mois de septembre, je suis passé à deux ou trois vidéos par jour. J'ai pris 12 000 abonnés en un mois, et j'ai fait mon meilleur chiffre d'affaires de l'année. Je n'avais rien changé d'autre que le volume.

Le volume règle deux choses d'un coup. Tu travailles l'algorithme, et tu produis assez de données pour analyser quelque chose. Avec deux posts, tu n'analyses rien du tout. Avec beaucoup de vidéos qui font chacune 1 000 ou 2 000 vues, tu finis le mois avec un total qui compte, et surtout avec de quoi comprendre ce qui accroche.

Autre repère utile : on compte en général entre 7 et 14 points de contact avant qu'une personne passe à l'action. Tu ne joues donc pas une vidéo, tu joues une répétition.

Ils veulent tout de suite trouver le meilleur format. Leur problème, c'est juste qu'ils n'en font pas assez.

Et le secret pour tenir le volume, c'est d'arrêter de se prendre la tête sur la forme. Les sous-titres parfaits, les inserts, la lumière, le montage impeccable : tout ça alourdit et finit par te bloquer. Simplifie le processus jusqu'à ce que le délai entre le moment où tu tournes et le moment où tu publies devienne court. C'est ça qui rend le volume possible.

Ce que l'IA change

L'imperfection devient ton avantage.

Aujourd'hui, on peut écrire un texte parfait, reproduire une voix, fabriquer un décor et générer une vidéo impeccable. Tous les défauts disparaissent. Sauf que les défauts, c'est exactement ce qui rend humain.

Ce qui va arriver est prévisible. Les gens finiront par rejeter ce contenu comme ils rejettent déjà la publicité. Devant une pub, le cerveau décroche : demande à quelqu'un ce qu'il vient de voir, il ne saura pas te répondre. Dès que les gens repèrent que c'est fabriqué, ils coupent.

Ton avantage, c'est donc d'assumer ce qui ne se reproduit pas facilement.

01

Le format brut

Une caméra, un sujet que tu maîtrises, et tu parles. Il existe un test connu en recrutement : on pose une question très large et on laisse la personne parler longtemps, parce que les premières minutes elle se tient, et qu'ensuite elle devient naturelle. Le format long produit le même effet.

02

L'extérieur et le mouvement

Du bruit, des gens qui passent, de la vie autour. Ce sont précisément les accidents qu'une production trop propre efface. Si quelqu'un traverse le champ pendant que tu tournes, ne coupe pas.

03

Le live

Le plus difficile à imiter, parce que les interactions sont réelles. Tu n'as pas le temps de préparer, et les gens sentent immédiatement si tu connais ton sujet.

La suite logique, c'est le retour au présentiel. Conférences, rencontres, événements physiques. Quand plus personne ne saura distinguer le vrai du fabriqué, les gens voudront simplement voir la personne en face d'eux.

Deux réglages

Ce qui coince souvent en pratique.

Le montrer son visage. Publier sans apparaître, c'est possible, mais c'est plus dur, et il faut le savoir avant de choisir. La confiance passe par ce que tu sais faire, mais aussi par le lien humain. Ceux qui font ce choix progressent, mais plus lentement.

L'appel à l'action systématique. Mettre un appel à l'action à la fin de chaque vidéo de découverte est une erreur. La personne n'est pas prête, et surtout ça casse le partage : quelqu'un qui hésite à partager ta vidéo a l'impression de faire ta promotion, alors que vous n'en êtes pas encore là. Garde les appels à l'action pour les stories, la publicité et les contenus de conversion assumés.

Pour commencer

Accepte d'être mauvais.

Tout ce que tu n'as jamais fait, tu vas le faire mal au début. Ta première vidéo sera mauvaise. La deuxième un peu moins. Et petit à petit tu deviendras bon. Il n'y a pas d'autre chemin.

Reste la peur du regard des autres. Deux choses là-dessus. D'abord, ton entourage proche ne sera jamais ton meilleur public, parce qu'il a grandi avec toi. Les gens qui ne te connaissent pas, eux, partent de zéro et te laissent ta chance. Ensuite, revois ton intention : si ce que tu publies te rapproche de Dieu et rend service à quelqu'un, l'avis des autres pèse beaucoup moins lourd.

Si tu veux plaire aux gens, tu seras toujours déçu. Si tu veux plaire à Dieu, tu ne seras jamais déçu.

Et à un moment il faut monter sur le terrain. Beaucoup restent à faire des plannings et des stratégies sans jamais publier. C'est comme rester devant un jeu d'échecs à imaginer tous les coups sans jamais toucher une pièce.

Questions fréquentes

Pour aller au bout du sujet.

Combien de fois faut-il publier pour que ça marche ?

Un post par jour est le plancher réaliste. En dessous, tu ne travailles pas assez l'algorithme et tu n'as pas de quoi analyser quoi que ce soit. Ceux qui se plaignent de ne pas avoir de résultats ont presque toujours un problème de volume avant d'avoir un problème de qualité.

Faut-il être sur toutes les plateformes ?

Non, mais le duo court plus long est difficile à battre. Les formats courts te font découvrir, le format long transforme cette découverte en confiance. Les deux se nourrissent : la plupart des gens te trouvent sur les réseaux courts, puis vont voir tes formats longs.

Peut-on réussir sans montrer son visage ?

Oui, mais c'est plus lent. La confiance passe par ce que tu sais faire et par le lien humain, et se priver du second complique la tâche. Si ton activité repose sur une relation longue avec tes clients, c'est un vrai handicap.

Faut-il un beau montage pour commencer ?

Non, et c'est même contre-productif. Plus ta production est lourde, moins tu publies. Simplifie jusqu'à ce que tourner et publier prenne peu de temps, c'est ce qui rend le volume possible. À l'ère de l'IA, le format brut est en plus devenu un avantage.

L'IA va-t-elle remplacer la création de contenu ?

Elle produit déjà des contenus techniquement impeccables, et c'est précisément le problème : les gens vont apprendre à les repérer et à décrocher, comme ils le font avec la publicité. Ce qui restera difficile à imiter, c'est le direct, le réel et le présentiel. C'est là qu'il faut investir.

Passer de la théorie au terrain ?

Au Collectif, les membres publient et reçoivent du retour sur ce qu'ils sortent, plusieurs fois par semaine. Réserve un échange d'une trentaine de minutes avec l'équipe.

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